Ce référentiel pour qui et pour quoi

Quelques  fondamentaux

Si l’accès à la majorité modifie considérablement le statut ainsi que les prérogatives de l’enfant, il n’en demeure pas moins que l’accès à l’autonomie d’un jeune ne saurait s’interpréter comme pouvant s’appliquer de facto à la date symbolique et juridique de ses 18 ans.

En effet, il serait inapproprié au contexte actuel de notre société, de décréter que dès 18 ans un jeune est en capacité d’être complètement autonome et apte à tout gérer dans sa vie. C’est notamment sur ce principe que se fonde le Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) pour donner compétence aux départements en matière d’aide sociale à l’enfance pour les majeurs de moins de 21 ans.

L’accès à l’autonomie est envisagé comme un parcours progressif, adapté aux besoins singuliers de chaque individu  et tenant compte des contraintes de notre société. A ce titre, il conviendra de considérer que certains jeunes ne disposent pas, dans leur milieu familial ou dans leur environnement, de points d’appui suffisants pour les guider et les soutenir. Cela peut notamment être le cas de jeunes majeurs qui ont été antérieurement confiés à  l’Aide Sociale à Enfance (ASE) durant leur minorité, du fait des difficultés importantes rencontrées par leurs parents et/ou par eux-mêmes.

Le passage de l’enfance à la vie d’adulte peut s’avérer dès lors plus délicat, plus long. Nous ne devons pas ignorer que, parmi les personnes qui vivent à la rue et/ou qui sont dans un isolement important, certaines ont été confiées à l'ASE, sur des périodes plus ou moins longues de leur vie (voir notamment recherche coopérative SEA35/EHESP : "Entre ruptures et recherche de liens, le rapport à la Protection de l’Enfance dans le parcours des jeunes en situation de précarité")

Il n'est sans doute pas inutile de se rappeler et de rappeler que favoriser l'autonomie ne s'apparente pas à abandonner, que savoir faire seul est très différent d'être seul.

Le contexte en Ille et Vilaine

Dans un contexte de saturation du dispositif de l’ASE, la collectivité a engagé en 2013 une réflexion sur cette thématique, notamment au travers :

  • De l’expertise du pôle égalité des chances.
  • Des conclusions  d’un groupe de travail réuni dans le cadre des actions urgentes ASE.
  • D’une étude de parcours de jeunes pris en charge à l’ASE sur la base d’une approche sociologique.

Au-delà du cadre législatif et réglementaire, cette démarche s’inscrit également dans le cadre des travaux engagés par la collectivité et ses partenaires autour de la mise en œuvre du schéma départemental de protection de l’enfance. Cela rejoint pleinement les principes d’intervention relatifs à l’évolution de la politique de protection de l’enfance et aux projets et aux expérimentations menés par les différents services en la matière.

Des réponses adaptées et  proportionnées aux capacités du jeune et aux ressources de son environnement

Le projet traduit ainsi la volonté de favoriser l’accès à l’autonomie des jeunes, en identifiant de façon précise et régulière les besoins évolutifs du jeune afin de lui apporter un soutien adapté et tenant compte de l’ensemble des ressources mobilisables.

La diversification des réponses passe par une meilleure connaissance des soutiens et des accompagnements offerts à cette tranche d’âges Il s’agit dans cette perspective de favoriser le recours à différents types d’accompagnement, notamment ceux de droit commun. A chaque fois que c'est possible, le jeune dispose de son propre logement. Lorsqu'un soutien est pertinent au titre de l'ASE, les aides à domicile sont activées prioritairement.